Salut à tous,

Pas mal ce début de mois de mars...Neige, pluie et froid... Néanmoins, je n'ai jeté ma pantoufle que vingt sept fois sur ma télé. Dix fois sur TF1, 8 fois sur France 2, quatre fois sur FR3, cinq fois sur M6... Ma femme pense que je devrais consulter un médecin spécialiste....

Marc ARCHIPPE

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                       Billet d'humeur                       

·        8 mars, Les Islandais, Camus, Houellebecq et Jaenada !

Alors que je faisais une pose au bar du village, le parlement du peuple où, conformément à tout parlement, siègent quelques étonnants imbéciles, mon oreille lasse fut attirée par le sujet qui était à l’ordre du jour des débats. La nationalisation des banques islandaises. Le sujet hautement exotique, abordé par Mr Zé, 48 ans, boucher charcutier, économiste réputé tant qu’alcoolique convaincu, est aussi simple que complexe. Dans ce petit pays, il est facile de faire savoir ce que l’on pense. Alors, des Islandais en colère sont allés manifester devant la maison de leur président pour lui signaler qu’ils ne voulaient pas être pris pour des ânes. Etat d’esprit salutaire et pratique qui l’est tout autant, que nous aimerions voir perdurer sur les rochers du Cap Nègre, lieu de villégiature habituel de l’homme de petite taille et d’origine extra frontalière présidant actuellement aux destinées de notre nation. Les Islandais ont donc arraché un référendum sur le sujet « Doit-on rembourser les fonds britanniques (et autres) qui sont venus spéculer dans nos banques Islandaises, et y ont perdu leur culotte ? » En deux mots, le contribuable islandais qui va déjà payer les erreurs de gestion de ces banques doit-il, en sus, rembourser ceux qui venaient y faire du blé sur son dos ? Je trouve cette position populaire grandement intéressante et propre à nous mettre en face de questionnements citoyens similaires. Je ne manquerai pas de vous tenir informés des résultats et des rebondissements que ce réferendum soulève dans ce petit pays, et ce, dans la quasi-indifférence (feinte ?) de la presse occidentale. Mon amie, Josette Roucas, 55 ans, cultivatrice, qui sirotait son Cointreau de cinq heures à mes côtés alors même que son chien Fitou essayait, une fois de plus, de convaincre ma basket droite d’une rapide copulation sous la table, Josette, donc, me glissa, la babine sirupeuse collée au bord de son verre : « Il n’y a pas à dire, ils craignent pas le froid les Islandais. Même avec les testicules gelés, la production de testostérone est toutefois bien là ! » S’en est suivi un échange sur le climat comme vecteur de la dite hormone !

Bon, venons en à la littérature. Comme vous le savez, je ne parle pas des livres que je n’ai pas aimés. Donc, hélas, pour cette quinzaine, la chance n’avait pas répondu « présente » ! Néanmoins « Le Chameau Sauvage » de Philippe Jaenada sauva cette derniere quinzaine ! Il a aussi interrogé ma curiosité littéraire car, dans mon esprit troublé, (d’aucun se sont déjà rendu compte de cette attristante faiblesse…), il existait entre son héros et d’autres héros, une sorte de filiation, ou plutôt une sorte de « cousinage ». J’ai donc relu certains ouvrages mettant en scène quelques héros « fatigués du teston » comme on le dit en Provence, pour tenter de les mieux comprendre… Et pas des moindres. Meursault dans «  l’Etranger » de Camus, l’informaticien de Houellebecq dans « Extension du domaine de la lutte » et le héros sans nom du « La Course du mouton… » de Murakami. Dans les trois romans comme dans celui de Jaenada, et c’est ce qui a peut-être fait leur succès, l’univers installé par l’auteur (narrateur à la première personne) est un univers de l’intime présenté comme un univers « partageable ». Ces mecs ne vont pas particulièrement bien, loin de là, et les ponts sociaux avec le monde extérieur semblent petit à petit se couper jusqu’à devenir infranchissables. Le lecteur participe de ce point de vue comme il participe à la lente dérive. Il admet la vision du héros et, assis avec lui au bord de la rivière, il regarde ces ponts vers la réalité donnant sur la berge d’en face, en comprenant qu’ils sont devenus inutiles. Ce sont des sortes de « contes de la folie partagée ». Par contre, bien avant que la réputation de leurs auteurs soit (fort justement) acquise, j’ai la conviction que ce furent des ouvrages difficiles à faire paraître. Cela explique peut-être l’insuccès actuel (malgré quelques entretiens téléphoniques, satisfaisant tout au moins mon ego, avec de grandes maisons parisiennes) concernant mon manuscrit « L’Arbre et la Pirogue ». En effet, ces textes nécessitent une « mise en ambiance » de plusieurs chapitres, loin de la rapide accroche racoleuse dont l’écrivain essaye parfois de doter ses premières lignes. Les romans qui mettent en scène ce type d’univers, l’écriture volontairement lente comme peut l’être la démarche fatiguée d’un lendemain de fête, demandent, comme certains grands crus, d’être un peu mâchés avant d’être avalés. Bon, bastà ! Je vous recommande le Chameau Sauvage comme les trois autres que vous avez certainement déjà lus.