Ici les Vieux Billets d'humeur...                                 

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  • 3 Août: Les plus pauvres, hélas, et Yourcenar, la merveilleuse Marguerite!

  • Ce matin c’est vendredi, jour de marché au village. Tout le monde se croise depuis le café jusqu’à la place et les étals sont le lieu d’échanges commerciaux et verbaux passionnés. J’ai vu arriver de loin la grosse Rosette. 1m25 sous la toise, 97 kilos à la pesée sa démarche ne peut échapper à personne, alors qu’elle fend la foule à hauteur des cabas, 40 cm sous la ligne de flottaison. Encartée à l’UMP, tant que paradoxalement chômeuse de 41 ans, ce vendredi matin Rosette ne semblait pas d’une humeur radieuse. Je m’empressai de l’attraper par le bras, évitant par là-même qu’elle ne soit bousculée par la large foulée d’un gigantesque Yorkshire qui passait par là pour la conduire sous la glycine du café où je lui fis servir quelque rafraichissement. S’épongeant méthodiquement l’entre seins comme les aisselles, je la vis revenir peu à peu au calme qui doit prévaloir à tout membre du parti présidentiel, qu’il soit en relation avec le Pôle emploi comme Rosette ou avec l’héritière de l’Oréal comme Mr Woerth. Je pensais que c’était cette affaire qui troublait mon amie. En effet, elle-même à la recherche d’un emploi, elle aurait pu trouver déplacé que l’on fasse le procès du ministre pour avoir trouvé une place à son épouse. Tout le monde doit lutter contre le chômage, non ? Mais là n’était pas le souci de mon ami… En effet, elle sera en fin de droit dans deux mois et son mari est un adulte handicapé. Lui-même, anarchiste avéré qui partage avec moi la passion pour le jet de pantoufle dans la télévision, n’avait pas cru un seul instant aux promesses électorales de la présidentielle concernant les pensions. Tiens, sa photo ci-dessous :

Pour ceux heureusement ignorants de ce sujet, je rappelle que les pensions des adultes handicapés se traînent aux environs de la moitié du Smic. Il est impossible de vivre avec ce montant d’autant que le « bénéficiaire » de cette pension ne peut travailler et du fait de son handicap est soumis à des frais supérieur à celui d’un adulte « valide ». Cette injustice ne pouvait échapper à notre Guide. Dans son immense vision des nécessités premières de notre nation, l’homme de petite taille aux indomptables mouvements d’épaules et qui ne se déplace qu’en « joggant » accompagné de gardes musclés, ce timonier de notre nation, avait promis lors de son parcours glorieux vers le pouvoir de ramener en cinq ans cette pension de misère au niveau du Smic. L’année 2009 de son règne de géant, la dite allocation fut augmentée de quelques dizaines d’euros. Et cette année nada, zob, que dalle… ! J’en était à ce stade où l’amertume peut presque confiner au rire devant l’absurdité de ce monde et de ses gouvernants lorsque apparu le Captain Dan. C’est ainsi que je surnomme le mari de Rosette, longs cheveux aux épaules et cloué sur son fauteuil mécanique comme l’officier blessé, ami de Forest Gump dans le film du même nom. Il était dans une très grande fureur. D’abord à cause de ce que nous venons d’évoquer concernant ses pauvres ressources, ensuite car il venait de dévaler une nouvelle fois la rue de l’église à 120 km/h avant de frapper le trottoir de la place qui n’est pas adapté à ce genre d’acrobatie. Il se fraya un passage au milieu des tables puis regardant lourdement Rosette, il leva la main dans le geste de celui qui veut donner un gifle et qui sait qu’il ne le fera pas. Puis il murmura entre ses dents : « Et dire que cette pauvre connasse a voté pour lui… ! ». Rosette baissa les yeux avant de redescendre au marché, midi approchait les prix baissaient et les poubelles des maraîchers pleines de mauvais légumes qui feraient son bonheur et celui de Captain Dan. Sale époque pour les pauvres.....

Comment ne pas dire pédé…C’est le challenge que s’était fixé en 1929 Marguerite Yourcenar dans « Alexis ou le traité du vain combat ». Un texte étonnant ou un homme écrit 120 pages à sa femme pour lui dire qui il est et pourquoi il la quitte. Un style époustouflant et difficile, de l’or dans l’encre. Marguerite the Best !

  • 25 juillet 2010: Allez, allez ! Ne vous gênez pas…On peut en supporter encore plus !

    De retour de Bonifacio où sa copine Paris Hilton l’avait abandonnée à l'aéroport de Corse du Sud (pour se plier à la fouille de ses bagages et la saisie conjointe de sa dope par la police de l'air), Josette Roucas était de retour au village ce jeudi. Tout le monde se pressait pour l’entendre commenter ces quelques semaines passées avec l’héritière du loueur de chambres, autour du monde, dans les avions comme dans les lieux branchés prisés par la jet-set ! Alors qu’au même moment la décervelée américaine prenait une douche au champagne à Pampelone, sous le regard envieux des clients du camping voisin, dégustant leur sandwich rassis, Josette pérorait dans la salle du café du village, vers 19h00 et sous une canicule de feu. A chacun son Panthéon…A chacun son podium! Mais enfin, tout un chacun voulait des nouvelles de la blonde sulfureuse qui filme ses ébats sur internet et dépense sans compter alors même que plus de la moitié de la terre essaye, pour le moins, de ne pas mourir de faim. Bon, enfin, il faut de tout pour faire un monde comme le disait ma grand-mère. C’est à l’occasion d’un instant de calme que mon ami Kadour, notoirement sud méditerranéen comme enseignant de philosophie au lycée voisin, se permit une réflexion qui, je dois le reconnaître, ne fit pas l’unanimité loin de là. Chacun ici de penser que ce n’est pas parce que « malgré que l’on soit arabe et que la porte du café vous soit pourtant ouverte » qu’il faut se permettre d’avoir des point-de-vue et de les mettre en avant. « Bois et tais-toi ! », serait un peu la manière de voir de ce petit peuple concernant les gens d’origine transfrontalière et un tant soit peu basanés. Kadour, donc, revenant sur la capacité des français à se laisser prendre pour des cons (un de ses sujets favoris, d’ailleurs) se proposa de lister les trois derniers évènements qui témoignent de cet état de fait. Le premier, la Roselyne, grasse comme un moine et pour autant Ministre de la santé et du sport, qui affirme qu’un joueur de foot mis en examen ne peut être sélectionné en équipe de France. Kadour conclura sur ce sujet en disant que c’est la preuve que le foot est plus important que l’assemblée nationale, puisqu’un député mis en examen ne démissionne pas, demeurant innocent (et ce n’est que justice) jusqu’à son jugement. Un silence s’installa dans la salle car sous ses airs de manœuvre maçon, le Kadour sait manier l’art de la rhétorique. Il enchaîna aussitôt (il ne faut pas lâcher un auditoire conquis…) sur le décret de cette même grosse Roselyne, la femme qui a des milliards de vaccins et de masques dans son armoire à pharmacie, interdisant la vente des cigarettes aux mineurs de moins de 18 ans mais … ne leur interdisant pas de fumer ! Tu peux fumer mais t'as pas le droit d'acheter ! Un vrai paradoxe qui laissa un peu plus la clientèle du café dans la difficile obligation des habituels « yaka» et « y faut que » nécessaires à tout con pour donner l’impression qu’il a saisi qu’on se joue de lui mais qu’il a des solutions… Pitoyable ! A ce moment du débat, dans ce rural parlement du peuple qu'est ce café, certains ignorants, tant que fortement alcoolisés, se mirent à apostropher Kadour, lui proposant d’aller rencontrer les accueillantes populations mâles grecques afin d’y parfaire sa sexualité tant que rabaisser son caquet de moraliste. Que nenni, que nenni ! Kadour, dans un élan généreux, suicidaire et d'une inconscience rare, posa délicatement la cerise sur le gâteau en évoquant la visite du guide de notre nation, de commune renommée originaire d’une ancienne république socialiste, de petite taille et au physique de dispensé de gym, le Président sur le tour de France ! « Il faudrait plus de gens comme vous dans le cyclisme… ! » fit-t-il à Lance Armstrong depuis la voiture climatisée qui le conduisait au terme de l’étape. Au même moment aux USA, Floyd Landis, ancien vainqueur et dopé repenti assurait sous serment devant un juge et une foule de journalistes avoir vu le dit Armstrong se doper avec ses collègues de l’US Postal !  L’ensemble de la presse ayant repris cette information, comment notre souverain guide pouvait-il se fourvoyer ainsi ? Et Kadour de conclure par cette tirade qui restera comme l’élement déclencheur de la seconde bagarre générale de l’année dans notre tranquille bistro: « Il faut pas qu’ils se gênent…On est tellement cons qu’ils peuvent tout nous faire gober ! ». La première chaise qui vola fut pour ma tête !

    Allez, un peu de lecture dans ce monde de brutes ! Je viens de terminer « J’aurais voulu être égyptien » d’Alaa el Aswani, l’auteur de « Chicago » et de « l’Immeuble Yacoubian ». Toujours ce sens pictural exacerbé dont le pinceau se pose sans concession sur la société de son pays. Un pinceau précis comme un laser scrutant un état à cheval entre deux époques, entre deux mondes. Se lit en quelques heures, se déguste comme une pêche juteuse du plein été, le menton humide et le t-shirt tâché ! Un régal. J’ai aussi lu le dernier Laurent Gaudé « Les Portes de l’Enfer ». J’avais adoré son « Roi Tsongor » bien plus d’ailleurs que son « Soleil des Scorta » primé un an plus tard et je suis toujours en recherche, chez cet auteur, de la puissance de ce roman. Bon, même si je ne l’ai pas retrouvée dans ces « Portes de l’enfer, il s’agit tout de même d’une excellente littérature. A recommander.

    Bon, Basta, C'est tout pour aujourd'hui !

    • 30 juin 2010: Oh! Pas besoin de nous prendre pour des cons…et le grand William Faulkner

    • De retour d’un long voyage hors de France je redécouvre sans surprise, les évènements excitant nos machines à télévision. La coupe du monde de balle au pied de même que les rocambolesques aventures de notre équipe nationale en sont le cœur quotidien. « Panem et circenses » reste donc d’actualité à notre époque bénie. L’homme de petite taille et d’origine transfrontalière, celui-là même qui n’a pas pied sur la plage du Cap Nègre et qui préside aux destinées de la France debout sur ses talonnettes, à cru bon de convoquer un joueur à l’Elysée pour quelques explications, voire quelques remontrances bien senties. Fin stratège, c’est le joueur le plus doué de la main qui est venu donner son avis sur les problèmes de notre équipe de balle au pied… Je suis donc à me dire qu’on ne se donne même plus la peine de nous prendre pour des cons de manière voilée, on le fait désormais tout à fait ouvertement. Pour preuve de ce que j’avance, ces échanges entendus hier soir. J’étais assis hier à la terrasse du bar de mon village, lieu favorable s’il en est pour comprendre la (mauvaise) santé mentale du pays, et peut-être celle du monde. Autour de l’anis bien frais, étaient attablés quelques grands personnages, analystes reconnus de l’actualité internationale. Tout d’abord, mon amie Josette Roucas, de retour des USA avec du pétrole plein les chaussures. Elle avait assisté Paris Hilton dans son noble combat pour sauvegarder les établissements de nuit siégeant sur les plages du Golfe du Mexique du désastre de la marée noire. Les oiseaux, c’est une chose, les night clubs en sont une autre, il faut bien que quelqu'un se dévoue… En face, Bert le plombier qui rentrait de la manifestation parisienne contre le projet gouvernemental sur les retraites. « On s’est fendue la gueule… » disait-il, en exhibant une cicatrice frontale, résultat d’un désaccord entre syndicats sur les dates de mobilisation. Maintenant, plus besoin de bavure de la police, les syndicat se crachent dessus et « à chacun sa manif » ! Enfin, en équilibre, se balancant sur deux pieds de sa chaise, le sournois Mister D, raciste professionnel à la libido surdimensionnée qui menait le débat. Celui-la donc, sur le coup d’une interdiction du domicile matrimonial pour cause de coucherie extra conjugale,  laissait couler quelques litres du fiel qu’il aurait préféré déverser sur son épouse. Mais le courage n’est pas toujours au capital des maris infidèles. Alors, pendant près d’une heure, sous sa houlette vicieuse, chacun y est allé de son couplet sur les nègres trop payés qui parlent un français approximatif à la télé pour excuser une grève d’entraînement en Afrique du Sud. Pendant une heure, la marée noire et les retraites se virent rangées au rang d’évènements sans intérêt. Pendant une heure, tous furent d’accord sur tout. D’accord sur le futile et négligeant l’essentiel. Je me fis alors la réflexion, qu’effectivement il n’était pas besoin de nous prendre pour des cons. Nous l’affirmions désormais tellement haut et fort que s’en est une évidence. Les chiffres du chômage explosent et on demande au gens de travailler plus longtemps, la planète est martyrisée et on nous parle de foot. Pour en finir et pour la petite histoire, Mister D n’aurait pas dû traiter le joueur italien Cannavaro de « libero de merde » car la famille de Bert le plombier est originaire de Toscane. Bert fit donc, malgré sa blessure, la démonstration de sa capacité à jouer de la tête, spécialité des défenseurs italiens, en assénant un coup de boule à Mister D, l’expulsant au même instant de la conversation tant que du monde conscient. Le foot d’accord, mais y a des limites à ne pas dépasser !

  • Concernant les lectures et mes médiocres recommandations, j’ai dévoré (ou redévoré)  presque tout Faulkner durant mon voyage. Un titre pourtant, une sorte de farce qui n’a pas bénéficié d’un très grand succès en France et qui m’a emporté ligne après ligne : « Alors que j’agonise ». Les deux fils, la fille et le père essayent par tout moyen de ramener le corps de l’épouse décédée vers le cimetière de la ville. Un régal. Maintenant, à la prochaine et bon…foot !

    • 11 Avril de bonne humeur…et le Cercle...!                                               

     Une fois n’est pas coutume,  je suis plutôt de bonne humeur. Vous me direz que mes états d’âme ne regardent que moi et qu’il n’est peut-être pas nécessaire de les faire partager ici. Mais il se trouve que certain lecteur, que je ne nommerai pas mais qui se reconnaîtra, m’a fait reproche de ne pas parler de choses heureuses que la vie propose inévitablement devant nos pas. Dont acte…Tout va bien, je vais bien…comme dans le sketch connu ! Ma voisine Josette me faisait, elle aussi, remarquer que le bonheur demandait parfois d’être affiché. Elle en prenait pour exemple cette sale affaire de la « rumeur » obligeant l’épouse de l’homme de petite taille et d’origines notoirement transfrontalières qui préside aux destinées de notre nation à venir affirmer devant des micros que tout allait bien chez eux. Peut-être devraient-ils (ce jeune couple présidentiel) faire paraître un « bulletin de santé affective » comme cela se fait pour la santé physique du chef de l’état. On y lirait par exemple « hier a 20h00, le Président a fortement tancé son épouse avachie sur le canapé. Mais le sujet n’est pas grave, il s’agissait de la cuisson de tagliatelles » Ou bien encore « vendredi 10, madame la Présidente au sommet de son pic hormonal a fait diverses remarques à son époux. Rien de grave, il s’agissait de ne pas laisser traîner ses chaussettes ». Donc je ne peux être que de bonne humeur à la lecture des journaux qui font ripaille de la dite « rumeur ». En effet, j’imagine parfaitement Mme De Gaulle venir à l’ORTF pour affirmer qu’elle file le parfait amour avec le grand Charles. Times are changing…comme le chantait Bob Dylan.

    Pour le reste, je suis en pleine phase de correction de mon dernier manuscrit. Le texte est là, reste à le mettre en valeur. Comme le disait Paul Valery, « le style, c’est le fond qui remonte… ». Je propose les premières lignes du projet de roman dans « Travail en cours ». Pour ce qui est de mes lectures, je lis le gros pavé au titre insolite « Le Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de pommes de terre ». Sans prétention, ce bouquin écrit par une vieille dame est sorti après plus de trente ans de tentatives infructueuses de parution. Il a le goût inimitable de la littérature anglaise des années 30. On se coule dans le format imposé (il s’agit d’échanges de lettres) et les personnages se dessinent seuls, dans l’imaginaire du lecteur. Une jolie gourmandise anglaise ! Et pour la bonne bouche, un classique que je viens de relire (j’adore relire…) et sur lequel je n’ai pas d’avis à donner, le vôtre m’est connu : « Le Bruit et la Fureur » de Faulkner. Putain, le style et la construction… ! Il n’a pas obtenu le Nobel par piston, le William ! Cela remet les « pendules à l’heure ». J’ai encore du travail sur la planche….

    • 1 er Avril et pas de poisson...Zemour, Paul Auster et Nicola Rey

    Vous avez certainement suivi, comme tout un chacun,  le tsunami déclanché par le sinistre Zemour, homme de pensée à la taille modeste et au physique de « dispensé de gym » dans vos machines à télévision. Comme Voltaire le disait « Même si je ne suis pas d’accord avec vous, je me battrai pour que vous puissiez le dire…. », il est insupportable de ne pas pouvoir évoquer une opinion. Il est tout aussi naturel de la commenter. Dont acte ! La scène se déroule au bar du village où siègent différents parlementaires locaux, spécialistes de l’économie, de la sociologie, de TF1 et du foot ball. Le réputé Mister D, reprenant les termes du nain fielleux cité ci-dessus, affirmait que 70 % des malfaiteurs et des dealers de drogue étaient des arabes et des noirs. Affirmation semblant retenir l’assentiment unanime de notre très locale et souveraine assemblée. Pendant que le patron, économiste réputé, profitait de ce calme pour faire resservir une tournée offerte (en préambule espéré à de nombreuses autres payantes…), mon ami Kadour lança vertement que 70 % des gens qui souffraient de ces malfaiteurs étaient aussi des arabes et des noirs. Comme le français de Kadour est fortement coloré par ses origines subméditerranéennes, une sorte de silence pesant s’établit. Les parlementaires du bar aiment bien Kadour. Surtout lorsqu’il ferme sa gueule. Qui plus est, comme il enseigne la philosophie au lycée, il suscite une certaine réserve de la part de ses auditeurs. Ici, les intellectuels, on les préfère un peu moins basanés. Mais Kadour était en verve et je sentais que le conflit allait s’installer ! Malgré la main amicale que je lui posais sur l’épaule, il affirma que la vérité devait être abordée sous toutes ses faces, faute d’être victime de présentation perverse telle que celle évoquée dans l’émission, éminemment culturelle, du piètre Ardisson. Conscient « des retombées de nos discussions sur la pensée du siècle » (il avait dit cela en rigolant mais ne fût, visiblement pas compris…) il aborda le délit de faciès, qui le fait être contrôlé par la maréchaussée entre cinq et six fois par jour et lui a valu d’être hébergé 48h00 dans les geôles de Mr Hortefeux, rouquin aux yeux bleus craignant le soleil, aimant regarder de plus près les activités forcément illicites des gens bronzés. Mister D, tel le coq vaillant et gaulois, se leva pour dire avec la fermeté et l’a priori  dont ils fait son lisier : « Normal qu’on les contrôle, puisque c’est eux qui volent et trafiquent ». Kadour allait répliquer, lorsque Josette Roucas, 55 ans cultivatrice et amie intime de Paris Hilton, se dressa à son tour, abandonnant à regret son rituel armagnac de 16h00. Elle fit à Mister D, une remarque pertinente sur l’accord du verbe « être » avec un sujet au pluriel qui fit ricaner le lettré Kadour. Remarque suivie immédiatement d’une autre aussi surprenante « Vous avez raison, il faut accentuer la pression et les contrôles d’identité sur les criminels… On devrait faire des contrôles autour des salles de catéchisme, des tribunaux de commerce et des bureaux de la Défense…98% des pédophiles sont blancs, comme sont blanc les criminels financiers et les mafieux qui tiennent les réseaux ». C’est à ce moment que le Père Thierry, qui buvait son hypocrite infusion arrangée de rhum au fond de la salle, se leva pour entamer une sortie discrète. Alors Josette, tribun superbe et triomphant, le désigna en l’interpellant : « …Et je ne vous parle pas des ecclésiastiques…N’est-ce pas mon père ? …». La première chaise vola à cet instant, déclencheur d’un affrontement physique enthousiaste tant que général. La gendarmerie intervint, ramenant le calme de subtile manière par l’interpellation de Kadour. Une fois la paix revenue, Hélios, sexologue réputé et spécialiste de la question du fait de ses origines grecques, affirma de l’intérêt marqué par les populations Maures pour les pratiques sodomites. Fin des débats !

    Parlons un peu de littérature et de recommandations de lecture. J’ai fini « Invisible » de Paul Auster, chez Actes Sud, magnifique comme à son habitude de facilité, de construction etc… Il est « trop » fort ce type ! Une de mes idoles ! Ensuite le petit (très petit, trop petit) roman de Nicolas Rey « Un léger passage à vide », éditions du Diable Vauvert, plein d’humour parfois très critique sur un certain monde parisien de la littérature et du journalisme. Son héros part en vrille sous l’effet cumulé de la naissance de son premier enfant et d’une incapacité notoire à vieillir… Cela peut nous arriver à tous et j’en sais quelque chose !

    • 17 mars, Les Régionales ou l’extension du domaine de la lutte !

    Dimanche soir j’étais invité chez ma voisine pour dîner et commenter les résultats des élections régionales. Lorsque je dis « commenter », il faut entendre surtout « se disputer »… C’est encore cet incroyable paradoxe que la France n’aille pas voter mais soit toujours prête  à donner son avis, en tout lieu et à toute heure, sur la chose politique. Donc, vers 20h00, et afin de donner du corps à notre raisonnement, nous étions assis à la longue table de cuisine, face à la télévision et Josette Roucas, la désormais célèbre copine de Paris Hilton, nous servait sa magnifique daube… Notre aréopage d’analystes politiques, la panse en cour de remplissage, pouvait se laisser aller (premier bouton du pantalon déboutonné) à de précises tant que judicieuses remarques, d’un verbe incisif et profilé comme la calandre d’une Maserati. Je vous fais grâce des quelques habituelles invectives concernant la sexualité supposée que chacun ne manqua de proférer concernant les leaders  du camp qui n’était pas le sien. Comme nous vivons en Provence, pays radieux sous le coup de l’occupation des familles aisées du septentrion de notre belle France, qui ont transformé leur résidence secondaire en lieu de retraite, et pour qui un type un peu bronzé n’est pas forcément très clair (jeu de mots…). Comme de plus, une grande partie de notre population est originaire de l’immigration italienne et qu’il est bien connu que les immigrés ne se supportent pas entre eux et cela, notamment,lorsqu’ils ont oublié d’où ils viennent. Enfin, comme notre région est démographiquement la plus vieille de France et que par nature le « vieux » ne comprend pas le « jeune », tous les ingrédients étaient réunis et Mr D pouvait plastronner devant le succès de son favori : Jean Marie (Il l’appelle toujours "Jean Marie", je suis à penser qu'ils ont trés certainement mené des interrogatoires en commun à Alger…). A force d’étaler sa superbe il en vint à fortement indisposer l’assistance (...Publique…aurait ajouté le regretté Pierre Dac) et particulièrement notre ami Bert, 47 ans, plombier tant qu'analyste politique de renom et membre impromptu du Front de Gauche du fait de sa carte froissée de feu le PC. Il sauta donc, par-dessus la table, sur l'insupportable Mr D, s'étant préalablement et habilement armé de sa fourchette dégoulinante de sauce, avec le dessein évident de la lui planter entre les yeux ! Le malheureux supporter de Jean Marie, ne dut de conserver son intégrité visuelle  qu’à l’intervention appropriée de Rosette, 1m25 sous la toise , 97 kilos à la pesée, et paradoxalement chômeuse de 41 ans tant qu’électrice de l’UMP…S’en suivit un foutoir sans nom qui vit Josette hurler pour le retour au calme alors que Rosette, couchée au sol d’un revers de bras lors de sa courageuse intervention, se débattait sous les assauts de Fitou, l’épagneul, parti explorer les dessous de ses jupes avec des idées bien arrêtées !

    Lorsque tout se fut calmé, je proposai à cette bande de siphonnés un conte politique destiné à clarifier leur jugement ou, pour le moins, établir une pause au débat tout en sirotant une vieille prune pour l'un, un grand armagnac pour l'autre…En préambule, j’avançai comme titre celui de Houellebecq « Extension du Domaine de la Lutte », car en effet les problèmes satellites peuvent se retrouver écartés alors qu’ils sont la branche sur laquelle nous sommes assis ! Le conte, donc :

    Sur la dunette d’un grand navire, des hommes et des femmes s’affrontent. Le sujet est de savoir comment faire avancer au mieux le bateau. Un groupe dominant, mené par un homme nerveux, de petite taille et d’origine Magyar propose la première solution : « Supprimer un marin sur deux, confier la mécanique à une société privée, rallonger la durée des « quarts » de veille ». Le second groupe, sous la houlette d’un femme rondelette, à la poigne ferme et n’ayant pas fini de couper le cordon avec son brillant économiste de père, avance : « Plus d’éducation vers les mousses notoirement illettrés et vindicatifs, accompagnement des vieux marins fatigués, aide renforcée du commandement du navire vers les soutes à charbon, imposition renforcée pour les passagers des ponts supérieurs ». Le troisième, un ancien facteur devenu marin du fait de la proximité avec la Seine de son très joli appartement parisien, appuyé par quelques autres installés à sa gauche, prône : « Tout changer sur ce bateau de merde, ouvriers marins emparez vous du navire…et pendons l’armateur et l'aumonier ! » Il est à noter que ce gentil garçon ne souhaite pas, pour des raisons idéologiques, gouverner le dit navire. Ce qui n'est pas le cas des autres. Au fond de la salle, un officier originaire du Sud Ouest marmonne dans sa barbe mais personne ne semble l’écouter. Il faut bien dire q'ayant fait son école navale sur le Gave de Pau, sa crédibilité n'est pas franchement affirmée, concernant la gouvernance des navires de haute mer. Devant lui, un ancien corsaire, bandeau sur l’œil, torse bombé au devant de ses contradicteurs donne sa vision du problème : « Virez les marins noirs et arabes, priorité aux marins français. De plus, Jeanne d'Arc est avec nous… » C’est alors qu’une petite jeune femme se dresse en levant timidement la main. Elle est vêtue de vert des pieds à la tête et regarde tous les autres comme s’ils étaient fous en disant : « Je crois que nous nous trompons de sujet. Le moment est plus grave que vous ne l'imaginez: il y a une voie d’eau à l’avant et le bateau coule pendant que vous discourez… ! »

    Bon voilà pour cet article…Si je commence à glisser vers le conte, l'année prochaine j'écrirai pour les enfants. En ce qui concerne la littérature, je n’ai rien lu qui mérite d’être signalé et les habitués de ce site savent que je n'aime pas parler des bouquins que je trouve "un peu limites", voire "moyens" comme parfois particulièrement "mauvais". Rien à signaler donc, sauf la sortie d’ « Invisible » de Paul Auster que je vais, de ce pas, acquérir chez mon libraire favori !

    • 8 mars, Les Islandais, Camus, Houellebecq et Jaenada !

    Alors que je faisais une pose au bar du village, le parlement du peuple où, conformément à tout parlement, siègent quelques étonnants imbéciles, mon oreille lasse fut attirée par le sujet qui était à l’ordre du jour des débats. La nationalisation des banques islandaises. Le sujet hautement exotique, abordé par Mr Zé, 48 ans, boucher charcutier, économiste réputé tant qu’alcoolique convaincu, est aussi simple que complexe. Dans ce petit pays, il est facile de faire savoir ce que l’on pense. Alors, des Islandais en colère sont allés manifester devant la maison de leur président pour lui signaler qu’ils ne voulaient pas être pris pour des ânes. Etat d’esprit salutaire et pratique qui l’est tout autant, que nous aimerions voir perdurer sur les rochers du Cap Nègre, lieu de villégiature habituel de l’homme de petite taille et d’origine extra frontalière présidant actuellement aux destinées de notre nation. Les Islandais ont donc arraché un référendum sur le sujet « Doit-on rembourser les fonds britanniques (et autres) qui sont venus spéculer dans nos banques Islandaises, et y ont perdu leur culotte ? » En deux mots, le contribuable islandais qui va déjà payer les erreurs de gestion de ces banques doit-il, en sus, rembourser ceux qui venaient y faire du blé sur son dos ? Je trouve cette position populaire grandement intéressante et propre à nous mettre en face de questionnements citoyens similaires. Je ne manquerai pas de vous tenir informés des résultats et des rebondissements que ce réferendum soulève dans ce petit pays, et ce, dans la quasi-indifférence (feinte ?) de la presse occidentale. Mon amie, Josette Roucas, 55 ans, cultivatrice, qui sirotait son Cointreau de cinq heures à mes côtés alors même que son chien Fitou essayait, une fois de plus, de convaincre ma basket droite d’une rapide copulation sous la table, Josette, donc, me glissa, la babine sirupeuse collée au bord de son verre : « Il n’y a pas à dire, ils craignent pas le froid les Islandais. Même avec les testicules gelés, la production de testostérone est toutefois bien là ! » S’en est suivi un échange sur le climat comme vecteur de la dite hormone !

    Bon, venons en à la littérature. Comme vous le savez, je ne parle pas des livres que je n’ai pas aimés. Donc, hélas, pour cette quinzaine, la chance n’avait pas répondu « présente » ! Néanmoins « Le Chameau Sauvage » de Philippe Jaenada sauva cette derniere quinzaine ! Il a aussi interrogé ma curiosité littéraire car, dans mon esprit troublé, (d’aucun se sont déjà rendu compte de cette attristante faiblesse…), il existait entre son héros et d’autres héros, une sorte de filiation, ou plutôt une sorte de « cousinage ». J’ai donc relu certains ouvrages mettant en scène quelques héros « fatigués du teston » comme on le dit en Provence, pour tenter de les mieux comprendre… Et pas des moindres. Meursault dans «  l’Etranger » de Camus, l’informaticien de Houellebecq dans « Extension du domaine de la lutte » et le héros sans nom du « La Course du mouton… » de Murakami. Dans les trois romans comme dans celui de Jaenada, et c’est ce qui a peut-être fait leur succès, l’univers installé par l’auteur (narrateur à la première personne) est un univers de l’intime présenté comme un univers « partageable ». Ces mecs ne vont pas particulièrement bien, loin de là, et les ponts sociaux avec le monde extérieur semblent petit à petit se couper jusqu’à devenir infranchissables. Le lecteur participe de ce point de vue comme il participe à la lente dérive. Il admet la vision du héros et, assis avec lui au bord de la rivière, il regarde ces ponts vers la réalité donnant sur la berge d’en face, en comprenant qu’ils sont devenus inutiles. Ce sont des sortes de « contes de la folie partagée ». Par contre, bien avant que la réputation de leurs auteurs soit (fort justement) acquise, j’ai la conviction que ce furent des ouvrages difficiles à faire paraître. Cela explique peut-être l’insuccès actuel (malgré quelques entretiens téléphoniques, satisfaisant tout au moins mon ego, avec de grandes maisons parisiennes) concernant mon manuscrit « L’Arbre et la Pirogue ». En effet, ces textes nécessitent une « mise en ambiance » de plusieurs chapitres, loin de la rapide accroche racoleuse dont l’écrivain essaye parfois de doter ses premières lignes. Les romans qui mettent en scène ce type d’univers, l’écriture volontairement lente comme peut l’être la démarche fatiguée d’un lendemain de fête, demandent, comme certains grands crus, d’être un peu mâchés avant d’être avalés. Bon, bastà ! Je vous recommande le Chameau Sauvage comme les trois autres que vous avez certainement déjà lus.

    • 24 Fevrier: Le nègre, le Tigre et Philippe Jaenada

    Je venais de passer devant la maison de ma voisine, Josette Roucas, 55 ans cultivatrice, que vous connaissez mieux désormais qu’elle fait la une des magazines people avec Paris Hilton. Bon, mais il faut bien que l’on « fasse les sarments » et les vignes commandent. Josette est donc revenue au village ! Elle héberge temporairement Mister D, l’homme qui essaye toujours de séduire votre femme entre deux propos bien sentis du type « les esclaves étaient heureux… ». Mister D a été récemment mis à la porte de sa propre maison suite à une sordide histoire d’escapade à Porquerolles que sa légitime n’a pas appréciée. Il n’en demeure pas moins que Josette lui a offert une hospitalité qui peut lui faire courir quelques risques lorsque l’on connaît la libido exacerbée de ce vieillard. Josette m’a donc fait le signe de venir prendre le café et nous nous sommes installés dans sa cuisine. Le libidineux nous écoutait, les fesses appuyées contre la pile (l’évier en provençal). Nous évoquions cette incongruité de voir Gérard Depardieu tenir le rôle d’Alexandre Dumas dans le film éponyme. Tout de même, il y a des limites à la bêtise, non ? Mais faire jouer un métis par un blanc, n’est-ce peut-être pas la réponse à ce débat sur l’ « identité nationale » qui a passionné dix huit personnes en France et fait rire (tristement) le reste de la population? Alexandre Dumas noir, cela ne devait pas coller parfaitement à l’image que se fait la France d’un écrivain « classique » ! « La prochaine fois on verra Catherine Deneuve jouer le rôle de Joséphine Baker… », remarqua fort justement Josette. A ce moment, Mister D, qui ne reste jamais très longtemps dans sa supposée réserve, en sortit avec, il faut bien l’avouer, un très bon mot : « Dans ce film tous les nègres sont blancs… ! » Il faisait allusion à Maquet, rôle tenu par Benoît Poelvoorde, assistant et « nègre » historique de Dumas. Nous en étions à nous lamenter sur cette histoire (lamentable) lorsque Mister D, toujours au fait de l’actualité nous signala la conférence de presse organisée par les sponsors de Tiger Woods. (Les noirs intéressent toujours Mister D !) Une (tout aussi lamentable) mise en scène avec caméras, journalistes et amis du couple devant lesquels le champion est venu s’excuser de son inconduite matrimoniale. Pour ceux qui l’ignorent, le jeune champion de golf s’est illustré par un record d’aventures extraconjugales qui le mettent en haut du tableau d’une spécialité se pratiquant avec d’autres balles. Je fis remarquer que cette mise en scène de l’intime me semblait surréaliste et fortement teintée d’intérêts « marketing ».  Mister D, de son côté, et fidèle à lui-même, ne pouvait pas manquer de signaler que les noirs se comportaient toujours comme des animaux (sic). C’est Josette qui éclaira le sujet, alors qu’elle passait une éponge sur la toile cirée en disant, avec cet acuité de l’analyse qui me fascine : « Il y a une morale à cette histoire, c’est que même les tigres peuvent s’attraper par la queue… ! ». A méditer.

    En ce qui concerne mes lectures du mois, elles furent pauvres car j’ai consacré beaucoup de temps (et de nuits)  à mon travail. Néanmoins, j’ai relu Carmen de Mérimée (J’avais revu chanter l’opéra pour Noël), deux nouvelles de Joseph Conrad que j’adore et commencé le bouquin de Philippe Jaenada « Le Chameau Sauvage ». Il avait reçu le prix de Flore pour ce livre, il y a une dizaine d’années. Je ne connaissais pas l’auteur mais le hasard d’Internet, nous a mis côte à côte en "intervenants" sur un blog concernant le monde de l’édition. Les posts de ce type m’avaient intéressé et les miens semblaient aller dans le même sens. J’ai été tenté de lire sa production. Surprise, un style très personnel, une dérision avec un arrière goût de Frédéric Dard de ce siècle, un personnage perdu hors (et dans) lui-même, vivant une histoire dans un univers semblable à celui de Murakami. Le japonais ayant écrit « La course au mouton sauvage » doit on y voir un clin d’œil ? Je finis le bouquin et je vous en reparle. Hasta la vida et Banzaï !

  • 28 janvier 2010  Darwin, Roth, Updike et Guenassia…du beau monde !

  • Hier après midi, je me morfondais empêtré dans l’incapacité à résoudre la syntaxe supposément parfaite que j’espère d’un médiocre chapitre. Force café, nicotine, tant que véhéments grattements de l’entrejambe n’y faisant rien, je décidai donc d’aller faire courir mes chiens dans les vignes. J’estimais, à tort, que l’air pur pourrait peut-être apporter la clarté espérée pour mon travail. Mais, rien n’y faisant, je laissai donc les chiens courir tout seuls après les étourneaux pour me diriger vers ce haut lieu de calme et de réflexion, le bar du village ! Au comptoir, souverain habituel des joutes oratoires campagnardes, trônait Mister D, sa moustache en bataille, le béton de ses convictions solidement armé. L’homme et ses discours sont un spectacle ! Tout le monde y allait de son analyse sur la prestation télévisée de l’immigré hongrois de faible taille (dixit Mister D…) qui gouverne la France. Silencieux, attablé dans un coin, j’observais le débat, assis avec mon pote Kadour qui parle provençal avec un fort accent. Puis, comme c’est souvent le cas, lorsque les arguments s’éteignent, se fit une sorte de silence très justement mis à profit par le patron pour reprendre commande d’alcools anisés. Mister D en profita pour reprendre, quant à lui, la tribune de ce parlement du peuple, en évoquant le cas attristant de Mme Dati Rachida, ancienne ministre à la garde robe de prestige comme aux notables origines transfrontalières (toujours selon Mister D…) et présentement exilée à Strasbourg. Il y alla de sa sentence définitive : « La Rachida, ils l’ont virée en Alsace parce que personne sait qui est le père de son enfant…Maintenant, de vous à moi, c’est pas demain qu’il se manifestera, le type, il est pas fou… Ministre un jour, arabe toujours ! » Rire gras de l’assemblée, en majorité issue de l’immigration italienne. Kadour s’est barré en remuant la tête et je me suis mis à songer à Darwin et à la théorie de l’évolution. Notre espèce évolue physiquement depuis quelques dizaines de milliers d’années. Mais l’épaisseur de la boîte crânienne n’a pas suivi le même rythme pour tous. Chez certains, les deux ou trois centimètres d’os supplémentaire en épaisseur font donc défaut, en proportion, à la cervelle. Elle manque de place !

    Concernant les bouquins (il s’agit tout de même d’un site qui est dédié à la littérature…) J’ai lu « Un Homme »  de Philippe Roth. Un homme qui parle de sa vie, un homme de qui je serai certainement très proche lorsque viendra le jour de regarder ce qui m’échappe. Et puis, « Villages » de John Updike, avec un même homme au même âge… Le hasard, tout de même ! La vieillesse est quand même un sujet à vous donner le bourdon même si la littérature des deux américains est magnifique. Enfin, comme un rayon de soleil pour me sortir de la tristesse où janvier m’avait tenu, les 750 pages du  « Club des Incorrigibles Optimistes » de Jean Michel Guenassia. J’avais lu un certain nombre de conneries sur ce bouquin, mais je peux vous assurer que les lycéens qui lui ont donné (de leur libre arbitre… ?) le Goncourt du même nom, ne se sont pas fourrés le stylo Bic dans l’œil. Magnifique et vibrant d’un souffle romanesque qui ne défaille jamais. Un souffle tout simple que les lettres françaises ont perdu de vue et que certains donneurs de leçon d’écriture feraient bien de mettre à profit .

    29 décembre: La Bulle, la Bourse et les Assassins de Tarun Tejpal

    En toute connaissance de cause, il est toujours difficile de regarder en arrière. Néanmoins, et c’est de saison, questionnons nous un instant sur ce qui c’est passé cette année qui justifiera que nous nous disions dans une décennie « Ah, oui ! C’était en 2009… ! » ? Je vous laisse le choix, les sujets semblent nombreux (La main de Thierry Henry, le dos de Joni, le talent inné de Pinocchio de Frédéric Lefebvre, porte parole de l’UMP et ami des afghans qui "doivent rentrer chez eux pour faire la guerre plutôt que de ronfler dans la jungle de Calais", la panoplie d’infirmière de Bécassine Bachelot et sa trousse à vaccins, Mme Royal et Mme Aubry qui s’en vont en campagne…). Pour ma part, je n’en retiendrai qu’un : la bulle ! La bulle financière, provoquant la crise que nous avons connue cette année, et qui est porteuse d’une sinistre novation. Pour la première fois dans l’histoire des marchés, les organismes financiers ont spéculé sur un nouveau support : les pauvres. Petite leçon de bourse en trois phases. Phase 1 : La crise des « sub-primes » (crédits hypothécaires sur leurs maisons) transformés en « junk bond » (actions pourries ou dettes devenues titres) ont fait exploser la vie des pauvres mais pas la machine financière. Mauvais choix tout de même! Le pauvre, ce n’est vraiment pas un bon support pour un fond de portefeuille boursier ! Phase 2 : Repli des flux financier (au travers des fonds de pensions) vers les matières premières, augmentation astronomique du prix des céréales et par conséquent du prix des aliments de première nécessité des… pauvres ! Bon choix ! Le pauvre c’est une opportunité en or massif comme valeur refuge. En effet, même si un gosse sur deux meurt en Afrique, l’augmentation du prix du blé vous garanti de façon solide : les pauvres mangent moins (puisqu'ils meurrent...) mais ceux qui peuvent encore le faire, le font au prix fort ! Bingo ! Le pauvre affamé est un excellent fond de portefeuille boursier. Phase 3 : Sur quatre ans les entreprises du CAC 40 ont réalisé plus de 1000% de progression de leur résultat. Au même moment, leurs effectifs on chuté d’environ 0.5%. Presque stable donc avant la vague de destructions d’emplois de cette année! Le chômage n’est donc pas une fatalité mais un effet de structure providentiel (ou calculé…). En effet si vous allez vers le plein emploi, les salaires ont tendance à augmenter sous l’effet de la demande sociale et des besoins de l’entreprise. « Holà patron ! Faudrait voir à nous augmenter sinon on fait relâche et vos commandes resteront dans l’entrepôt! » L’entreprise voit son chiffre d’affaire croître et son résultat baisser. Lorsque le boulot se fait rare, c’est le contraire : « Dis donc, Marcel !  Tu vas pas me gonfler longtemps avec tes idées d’augmentation sinon c’est le voyage direct vers l’ANPE, et un billet aller simple ! ». Dans cette occurrence, le chiffre progresse « raisonnablement » et les profits de bas de bilan sont en formidable expansion. Conclusion, investissez tant que le chômage croît et mettez des pauvres (affamés..)dans votre portefeuille.

    Le vil, l’infâme  « Mr D » (prononcer « Mister Di ») un retraité sans relief et à la libido exacerbée (certainement de trop de désir refoulé pour sa défunte maman) et que je croise malheureusement quelques fois en soirée chez des amis, gueulait hier au comptoir du bar du village: « Ils se plaignaient d’être esclaves et maintenant il faut les faire bouffer tout pareil ! » Nous venions d’apprendre que Josette Roucas 56 ans cultivatrice, partait apporter son aide au « Paris Hilton Fund for Africa ». Josette s’occupera des sujets de cultures compliquées et Paris Hilton des sujets de cul simple ! Question pauvreté et descente aux enfers de la vie quotidienne des campagnes et des banlieues Indiennes, le petit père Tarun Tejpal se pose un peu là ! Je viens de terminer son « Histoire de mes Assassins » (titre formidable, non ?) et j’en suis encore pas sorti des ronces. Bon, le style c’est vrai qu’il est toujours difficile d’en juger lorsqu’il s’agit de traduction mais l’élan romanesque, les mises en situation, la densité des personnages, la mousson et la sueur qui colle leurs vêtements à leurs reins dans des bureaux moites et des administrations kafkaïennes…. C’est un fameux bouquin, loin de son « Chandigarh » et qui vous emporte tout autant. Six cents pages magnifiques ! Allez, finissez bien l’année, cela vous donnera du cœur pour entamer la suivante ! A l’An que

     21 décembre: Cent ans de dimanches, Jacques Larrue et Tarun Tejpal...

    En Provence lorsque l’on souhaite exprimer une très longue durée on dit que cela a duré « cent ans de dimanches »… en quelque sorte que c’est aussi vieux que la nuit des temps. Mais 2009 voit cette expression se nuancer d’une couleur particulière… de rouge et de noir. En effet, cette année fût celle du centenaire du RCT, le Rugby Club Toulonnais, qui est au rugby ce que le Dalaï Lama est au bouddhisme tibétain : une icône ! Depuis cent ans, chaque dimanche, une foule bigarrée, métisse, vociférante et on ne peu plus méridionale, vient communier avec ses joueurs, avec ses fils, à l’ombre du Faron sur le bord de la rade… Cent ans de dimanches de joies, cent ans de dimanches de peines, de blessures, de cris, de chansons ! Un siècle de vie à Toulon. Le remarquable journaliste défroqué - et cuisinier renommé - Jacques Larrue, ne pouvait laisser passer l’occasion d’apporter sa touche picturale à cette fresque centenaire. Pour notre bonheur, il l’a fait en publiant un ouvrage qui sans être polémiste ne laisse pas de côté les polémiques qui ont fait la vie turbulente de ce club tout au long de son existence. La plume de Larrue ne s’est pas amollie à la proximité des fourneaux de son restaurant « Aubrac sur Mer » à Toulon, dont il est le chef prestigieux. Bien au contraire, les lignes et les mots, telles les amandes, ont une double peau… Un vrai délice. Donc si vous aimez la balle ovale foncez, c’est le moment de vous faire offrir. « Le muguet refleurit toujours au printemps » de Jacques Larrue aux Presses du Midi. (ISBN 978-287867-0115-3)

     La littérature ne s’arrête pas à Toulon. C’est ce que me faisait remarquer ma voisine Josette Roucas, 56 ans cultivatrice alors que je l’observais qui taillait ses sarments au même moment que son chien Fitou tentait une fois de plus de s’accoupler avec ma basket gauche. « Bon moi, vous savez, le rugby… » Certes, Josette, certes, mais alors… ? Vos lectures, lui fis-je tout en donnant force coup de pieds à Fitou dont le halètement laissait présumer la fin imminente de son jeu pervers et, par là-même, la survenance inévitable d’une inondation sur le bas de mon Lévi-Strauss. « Tarun Tejpal fit-elle, les yeux braqués vers le ciel telle une Bernadette Soubirous de Provence…Tarun Tejpal et son Histoire de mes Assassins… » Et là, au même moment que Fitou semblait défaillir dans le gémissement que je redoutais, une larme vint emprunter un sillon au coin de l’œil de ma campagnarde voisine. Tarun Tejpal c’est cet indien (des indes…) qui avait écrit ce sublime « Loin de Chandighar » et dont nous n’avions plus aucunes nouvelles… Il était pas mort le type et il te renvoie dans la figure un pavé de plus de 600 pages (enfin, je crois…, un truc énorme, quoi !) où, dès les premières pages, il te retourne le lecteur comme une mêlée de juniors face à une première ligne de Top 14 ! Je finissais le bouquin de Jacques Larrue, quand on me l’a offert et j’en ai lu 160 pages hier au soir. Je vous en parlerai mieux dans mon prochain post ! Allez, Hasta la vista, bonne lecture et « bon bout d’an " 

              12 décembre: Johnny et le réveil, quelques lectures et Josette ...

      Merci de me pardonner ce mois (presque mois et demi) sans le moindre post mais je bossais comme un fou sur la correction finale du « Monde Plat de Rosemary Sheffield » désormais chez les éditeurs. J’espère que ce roman aura un meilleur sort que le précédent qui n’a pas réussi à séduire les comités éditoriaux. Alea jacta est… Pour ce qui concerne notre vie devant les téléviseurs, les infos de ce matin témoignent de la véracité réaffirmée d’une phrase qui m’est chère : « Pire que celui qui ne sait pas, celui qui croit savoir… » . Je résume Johnny est en souffrance à Los Angeles. Il vient d’être réopéré. Tous les médias relaient son bulletin de santé. Tout d’un coup, hier, nous apprenons que sa femme veut assigner leur médecin français, que son producteur déclare que la première opération a été un "massacre" et l’avocat de l’ordre des médecins que le toubib était déjà de mauvaise réputation (accusé parait-il d’escroquerie, ce qui doit témoigner, je suppose de sa faiblesse du bistouri…) Donc « haro sur le baudet » ! Comme cela se passe depuis la nuit des siècles où la vérité sortait du prêche du curé, voire plus récemment de celle de l’imam, notre télévisuelle religion a informé ses adeptes. Avec ferveur, le peuple a gobé ces « news » aussi vite qu’il ingurgite habituellement sa dose d’information en matière de politique ou de talents artistiques divers. Il s’est fait sa conviction, sa vérité. Il sait ! Mais, Johnny (Merci de prononcer « Joni »), c’est pas le premier venu. Il a ses fans qui pleurent depuis son premier divorce avec Sylvie, qui ont chanté en chœur pendant ses concerts et qui sont terrorisés de voir leur jeunesse disparaître avec l’idole. De plus, il est pas forcément très fin le fan type, style « biker route 66 ». Heureusement, la télé leur avait donné la solution, désigné la cible… Alors, voilà que cette nuit, des ânes sans nom sont allés agresser le toubib dans la rue. Si on les arrête et si un procès en découle, ils diront naïvement «  Putain, mais la télé l’avait dit, c’est ce salopard qui a esquinté Joni… » Mon copain Michel Carbo dirait « On avait touché le fond mais aujourd’hui on a gratté quelques centimètres de plus dans la vase … » Pourtant une bonne nouvelle, Johnny s’est réveillé. Ma voisine, Josette Roucas, 56 ans cultivatrice, qui est une fidèle des émissions « people » depuis qu’elle est la meilleure copine de Paris Hilton en a fait elle-même le constat « Cela se voyait bien qu’il n’était pas réveillé. Il suffisait d’écouter ses réponses aux questions des journalistes pour comprendre qu’il était depuis longtemps dans le coma…!»

      Concernant mes lectures (que je reprends régulièrement après être allé ramasser la pantoufle que j’ai balancé dans le téléviseur…) quelques avis.  Un magnifique Milan Kundera « La Valse aux adieux ». Un Philippe Roth moyen « La Bête qui meurt », mais je me suis un peu reconnu et cela fausse la lecture. Une resplendissante Nancy Houston « Trois fois Septembre ». Une décevante Frédérique Deghelt « La vie d’une autre », sujet incroyablement bien trouvé et le roman juste à côté de ce sujet, un peu trop sur la marge. Dommage, mais belle écriture. Une très jolie Katarina Mazetti (traduit du suédois, cela ne s’invente pas…) « Le mec de la tombe d’à côté ». Comme vous le constatez, mes lectures ne sont pas celles des « sorties de septembre ». Je lis souvent les romans primés cinq ou six ans plus tard, ou dès le lendemain, ou jamais. Je lis dans le désordre du temps, les choses comme elles me viennent.  C’est tout pour aujourd’hui et « Banzaï… ! » comme le hurle l’autre fou délicieux de Groland, le tant replet que mal nommé...Moustik !

      1er novembre: Identité nationale, la mère de Cohen (Albert) et Rufo (Marcel)

      Depuis quelques jours, la sempiternelle question "mais qui sommes nous?" revient à la surface d'un débat de société qui ne s'entame vraiment jamais car il n'a peut-être pas de sens. Politiquement, le moment est bien choisi et certains ont tout à gagner d'un débat populiste, les élections régionales pointant à l'horizon. Alors, qui sommes nous vraiment et il y a-t-il une importance à le savoir? Quelles sont les composantes de notre société et les valeurs qui la fondent ? Bien malin celui qui aura un avis ! Ce qui serait vrai aujourd'hui, l'était-il hier et qu'en restera-t-il demain? Hormis la police qui fait de vous un dangereux déliquant en vous flashant à 92 km heure dans une zone à 90, qui peut croire qu'une photo soit la représentation définitive de la vérité et de l'histoire des individus ? A combien roulais-je avant et à combien roulerai-je après....? Pour ce débat à la con, c'est la même chose: je ne suis plus ce qu'était mon grand-père et je ne serai  certainement jamais ce que seront mes enfants. Alors, la question est-elle: quelles sont les valeurs que nous partageons ? Si tel est le cas c'est une question sans intêrét car il suffit de les partager et elles se font jour naturellement ! Mais si la question, comme je le redoute, est "qui sommes nous ?", il faudra non pas définir le "nous" mais préciser " qui est l'autre " afin de définir ce "nous" ! Les chauves ne le sont que parce que la majorité voit son crâne chevelu, les boiteux parce que nous marchons droit ! Foin donc de complémentarité, cette étude de notre identité révèlera à point nommé (politique) ceux qui sont "nous" et ceux qui sont "eux". Je me plais à croire que le triptyque "Liberté, Egalité, Fraternité" reste suffisamment évocateur de ce que nos aînés nous avaient proposé comme valeurs fondamentales pour qu'on aille se fourvoyer dans des chemins qui ne sentent pas la rose.  Ma voisine, Josette Roucas, 55 ans cultivatrice disait en rigolant: "Si la télé était en noir et blanc, comme avant, le drapeau tricolore serait black, blanc...gris !" Rires...! 

       Autre chose maintenant, "Le Livre de ma Mère" d'Albert Cohen que je viens de terminer. C'est un incroyable cri d'amour à sa mère qui vient de mourir et une intense réflexion sur les liens très forts qu'ils entretenaient. En fermant le bouquin je me suis mis à sourire en pensant à mon copain Marcel Rufo, pédopsychiatre de renom, et à son remarquable essai: "Détache moi ". Holà, Marcel ! Il semble que certains esclaves de l'amour maternel arrivent à s'en sortir ! Albert Cohen n'a pas vu son libre arbitre empêtré dans les filets d'une mère juive presque caricaturale... Il a continué un riche chemin de diplomate international et d'écrivain extraordinaire. Bon, c'était un clin d'oeil ! Allez, c'est tout pour aujourd'hui !

      24 octobre, Josette chez David Pujadas et "La Gourmandise" de Barberis

    J'ai passé l'après midi chez ma voisine Josette Roucas, 56 ans cultivatrice. En effet, elle doit passer la semaine prochaine chez David Pujadas et elle m'a demandé de l'aider à préparer son interview. Après avoir répondu aux nombreuses lettres du "Josette Fan club", son club de supporters, nous avons évoqué le point central de cette émission: La Grippe H1N1...Voici quelques une de ses réflexions, comme toujours frappées d'un certain bon sens. Tout d'abord:" Le vaccin, c'est le coup gagnant de l'année pour tous les intervenants. Les laboratoires vendent des millions de doses, les gouvernements seront remerciés de leur prudente éfficacité aux prochaines élections et nos ânes de concitoyens dormiront tranquillement, jusqu'aux effets indésirables de cette saloperie d'injection. Alors, s'il n' y a pas de pandémie en Europe, personne ne dira que c'est parce qu'il n'y avait pas de risque réel, mais bien grace au vaccin et à nos gouvernants ...Bingo !" . Autre chose encore: "La Bachelot, la grosse qui s'occupe du sport de la Santé...un comble...Et bien la Bachelot, elle est pharmacienne et elle ne dit pas un mot sur un de ces vaccins qui est porteur d'adjuvents qui seraient susceptibles de toucher le système immunitaire...En Allemagne, ils avaient même prévu que l'administration et les élus ne recoivent pas le même vaccin que le peuple...La République Tchèque n'en veut même pas...Les journaux en ont fait leurs choux gras. En parlant de choux gras, la Bachelot elle doit savoir plus de choses qu'elle n'en dit..." Nous en étions là lorsque Fitou son épagneul se mit à gémir, suite à un orgasme violent avec la serpillère de la cuisine (Fitou, pas la serpillère, elle est frigide...) Josette tout en nettoyant les mallons (carreaux pour les non-provençaux) me fit cette incroyable révélation: " Le médecin du village est venu m'acheter de l'huile d'olive. Il m'a dit que les gens nés avant 1957 n'avaient pas de soucis avec cette grippe. Ils l'ont déjà attrapée dans une époque où on allait au lit avec du lait chaud ou un bouillon de légume et se sont auto-immunisés... C'est con, car le fond de clientèle de la Bachelot, ce sont les gens nés avant 1957... Les vieux, ils s'appercoivent un jour que la mort existe vraiment alors ils deviennent des accros aux médicaments et refrequentent les églises...On sait jamais ! " Il était 19h00 et nous dégustions un verre de vin en guise d'apéritif et je lui parlais du livre de Muriel Barberis "Une Gourmadise" finement ciselé dans la langue française. Le sujet est assez "moyen", la mort d'un critique gastronomique revisitant sa vie et jugé par ses proches, mais l'écriture magnifique. On peu donc écrire superbement sur des choses sans grand intérêt. C'est à ce moment que le téléphone a sonné. La télé annulait l'interview de Josette. C'est Bachelot qui faisait le 20h00 !!!

    • 10 octobre, Frederic Mitterand, Mallarmé, Les Colombes et Paul Auster

    Et revoici la France et ses "affaires" sans fin où le politique le laisse au populiste à la plus grande joie des journalistes en mal de "une" sensationelle... Frederic Mitterand s'est expliqué de ses écrits en condamnant la pédophilie et assurant que ses compagnons de jeu Thailandais étaient majeurs. En deux mots, comme me l'a confié ma voisine Josette Roucas, 56 ans cultivatrice, pendant que j'essayais de me défaire de son chien Fitou s'acharnant à copuler avec mon pantalon, " c'est moins grave d'enculer les pauvres..." J'ai néanmoins été surpris que notre ministre, grand lettré, n'ait cité la phrase célèbre de Mallarmé "Tout ce qui s'écrit est fictif". Ma mère devrait aussi méditer cette phrase. Autre chose. L'affaire de la maison de retraite transformée en camp de torture pour vieux au Pays Basque. Je suis éffaré, comme ce fut le cas pour "l'affaire du sang contaminé", que les employés, secrétaires ou autres citoyens déclarent qu'il étaient au courant mais qu'ils n'ont rien fait, rien dit. La fille qui détachait les vieux le matin, tout comme la secretaire qui recevait les compte-rendus alarmants sur la contamination du sang, ne sont donc que des observateurs. Si le dirigeant est toujours responsable (en droit on parle même de "responsabilité sans faute") qu'en est il de ces bons citoyens qui rentrent tranquillement chez eux pendant que des vieux entament une nuit de calvaire et que l'on transfuse des hémophiles avec du poison? Moi je parle de "non assistance à personne en danger" Mais je n'ai vu aucune petite main aux côtés des ministres incriminés devant la Haute Cour de la Republique, de même qu'aucun des employés qui répondent en souriant aux micros des télés, n'ira rejoindre sa patronne sur les bancs du Tribunal Correctionnel de Bayonne. Enfin et pour clore ce billet d'humeur, concernant la littérature. Deux déceptions. La première concernant Zafòn comme je vous le disais ci-dessous en septembre, son second roman est un clône du premier. Celui qui le lira comme premier ouvrage de l'auteur, l'adorera mais se fera les même reflexion lorsqu'il ouvrira le premier. Deux frères...même ambiance, même "bibliotheque des livres oubliés" plus quelques anachronismes comme des scènes qui mentionnent le Parc Olympique qui ne devait pas exister dans les années 20. Bon, on verra le troisième...Allez Carlos reprend toi! Enfin, je viens de terminer "Tombouctou" de Paul Auster qui m'a aussi laissé sur ma faim. Je ne connaissais pas le roman qui date un peu, certes. Je me suis fait la même réflexion que pour Murakami et son "coureur de fond": un petit bouquin pour payer les impots...C'est de bonne guerre! Hasta la vista....  

    •  22 septembre, Montréal, Bayrou et les portes, Kudera et Zàfon

    Nous sommes encore à Montréal pour quelques jours et nous suivons, parfois avec un peu de retard l'actualité française sur le site internet d'I Télé. Nous avons donc pu observer qu'une aile "libérale" du PS avait invitée Marielle Sarnaise à son colloque au même moment, et comme en réponse, François Bayrou affirmait que: "sa porte était ouverte au PS ". Voilà le genre de situation politico-politique qui ne manque pas de me faire mourir de rire! Pour résumer cette situation de vaudeville télévisuelle et journalistico-médiatique, c'est comme si sur un même palier d'immeuble, deux voisins ouvrent leur porte en attendant que l'autre s'avance. L'invitation semble franche et chacun peut rester chez lui puisqu'il ne sera pas targué de  "manque d'ouverture" ! "Voilà comment ne rien faire qui puisse donner l'impression que l'on fait quelquechose", me disait hier la désormais célèbre Josette Roucas, 55 ans cultivatrice au sortir d'un "after" où elle avait accompagné Paris Hilton ! "Ils nous prennent pour des cons...." a t-elle ajouté avec cette franche délicatesse et ce bon sens que lui autorise ses racines paysannes. Bon voilà pour l'humeur. Pour la littérature, j'ai fini le Kundera, "Risibles Amours" titre hautement réaliste si l'on se penche sur notre jeunesse...Enfin, du moins la mienne pourrait avoir ce titre. La post face exceptionnelle de François Ricard (édition Folio) donne la dimension du texte dans l'oeuvre du tchèque. Il en déduit de l'obligation faite à l'écrivain d'appuyer son travail sur un texte fondateur qui sera la porte (tiens, encore une porte...) qui permettra au lecteur de pénétrer l'univers qu'il élabore. Univers où ce même lecteur viendra le retrouver au fur et à mesure de ses parutions. Parfois ce texte n'est pas le premier publié (trés souvent d'ailleurs) et il en est de même pour Kundéra. Je recommande cette lecture (et cette post face). Enfin, j'ai en main le dernier Carlos Ruiz Zàfon ( il avait reçu Prix Etranger des Libraires pour son premier roman "L'Ombre du Vent"...) et je suis à nouveau dans l'expectative! Le premier était absolument fantastique ( dans les deux sens du terme) et celui-ci reflète le même monde humide et chaud dans une Barcelonne des années 20. Beaucoup de similitudes. Un peu déçu, même si le roman ne se lache pas du fait d'une construction de scénario quasi cinématographique. Je vous en dirai plus la prochaine fois. Hasta Luego, Tabernac ! 

    • 3 septembre : Montréal, la valeur du temps et Kundera

    Voila que je suis à Montréal comme il ne m'a pas souvent été donné d'être dans une ville étrangère. Je suis ici pour plus de trois semaines, pour assiter notre fille Lisa qui s'est inscrite à l'Université de Montréal. Mais je ne suis pas le touriste qui passe . C'est la vie de tous les jours transposée ailleurs. Course, administrations, lessives...Tout ce qui peuple notre quotidien transposé dans une ville qui n'est pas la nôtre. Alors, au lieu de tout vouloir comprendre en quelques jours, on laisse la ville nous imprégner par ses rencontres fortuites, ses lieux qui vous arrêtent. On ne la viole pas... Elle vous séduit. On ne la prend pas, elle se donne. Ce qui distingue ce style de villégiature des voyages habituels, c'est le temps. Saint Exupery avait dit à un touareg qu'il faisait en quelques heures, en avion, des distances qui leur demandaient des semaines à dromadaire. Le touareg lui avait alors demandé: " Mais lorsque tu es arrivé, que fais tu donc de ce temps que tu as gagné...?" Je vais peut-être enfoncer une porte ouverte mais je viens de ressentir ici cette qualité du temps gagné à ne rien faire d'important, à parler avec des inconnus, et plus que voir, à regarder. Je lis aussi, naturellement, car ma vie ici m'en laisse aussi le loisir. C'est Kundéra et ses amours boîteuses qui m'accompagne. J'avais lu (comme vous) son "Insoutenable légéreté de l'être" mais je n'en avais pas fini avec lui. Je suis dans une petite compilation de nouvelles qui me conforte dans la pensée que ce garçon a quelques problèmes avec sa relation au sexe faible. Vous me direz que celà, aussi, c'est une porte ouverte enfoncée! Bon je vous en dirai plus lorsque j'aurais terminé le petit bouquin. Demain j'attaque la correction définitive de Rosemary. Josette Roucas, 56 ans cultivatrice et désormais célèbre à Montréal comme en Amérique du Nord, me talonne pour que je m'y mette! Alors, Hasta la vista companeiros !

    • 12 Août 2009: "...L'arabe de quelqu'un"  et le cafard (l'insecte)

    Les journaux en ont peu parlé mais un affrontement sanglant s'est déroulé dans une cité il y a deux ou trois jours. Les habitants et notamment les commerçants, se sont battus (10 blessés dont certains gravement) avec d'autres commerçants originaires de l'immigration. Les habitants des immeubles, originaires du département, ont fait une pétition pour que les étrangers soient renvoyés dans leur pays. Ils mettent en avant que la population immigrée du quartier ne respecte pas les lois et coutumes ! Vous allez me dire qu'il s'agit des mêmes affrontements que l'on peut constater chaque jours dans les quartiers où la paupérisation règne en maîtresse... et bien, non ! Les évènements se sont déroulés entre algèriens d'origine et immigrés...chinois ! Le quartier de Bab Ezzouar, à l'est d'Alger en fut le théatre. L'immigration chinoise (et j'ai pu le constater par moi même lors d'un voyage en Algérie au début de l'année ) est incroyablement vivace et l'on peut même remarquer les premiers mariages sino-maghrebins. Que dire de ce fait divers sinon que l'imbécilité est la même partout et comme me le disait Mr Prax ( Salut à toi camarade enseignant, si tu me lis...) mon prof de philo de terminale: "On est toujours l'arabe de quelqu'un...!  " Comme me le confiait aussi la désormais célèbre Josette Roucas, 56 ans cultivatrice, qui rigolait tout en en roulant des gnocchis dans sa cuisine: " Si on virait les familles étrangères de Provence, il ne resterait plus personne ici ! Mon aïeul du côté de mon père était maltais et ma famille maternelle doit être sarde ou corse, voire phénicienne". Belle remarque Josette, belle remarque ! Maintenant pour parler un peu de littérature, j'ai entrepris ma gourmandise annuelle: relire quelques ouvrages proposés lors de ma jeunesse et comparer le ressenti de l'adulte à celui de l'adolescent. En janvier j'avais relu tout Joseph Conrad et ses histoires de marins, là je viens de relire l'essentiel de Kafka: Le Procès, le Verdict et autres textes,  la Métamorphose.... Comment avons nous pu sourire bêtement devant cet homme transformé en cancrelas, cafard ou cloporte à l'age de 24 ans (le héros, pas Kafka...) lorsque nous étions en classe de seconde ou de première? Etions-nous idiots à ce point ou tellement enfants encore...? Il faut lire aujourd'hui cette douleur de la mise à l'écart et l'inexistante considération du héros par son père pour comprendre les douleurs fondamentales de ce pauvre Franz. Un conseil: relisez ce que vous avez lu plus jeune. Peut-être que vous y redecouvrirez une part oubliée de vous même .

    • 6 Août 2009: Vauzelle, lobbying ,Yasmina Khadra et Kafka (Franz...)

    Voilà que Michel Vauzelle dépouille les résultats de son test pour savoir comment renommer la Provence... Je vous en reparlerai mais les journaux me devanceront. J'ai quand même entendu sur France Culture, certaines propositions à se rouler par terre de rire! Autre chose, comment faire du lobbying sans le montrer? Vous demandez à un organisme serieux et britannique de comparer la valeur nutritive des aliments OGM ou Bio. Je dis bien "nutritive"...Et puis vous attendez que les gens se manifestent lors des résultats qui attestent que la valeur "nutritive" est la même. Simplement, ces gens (dont De Gaulle disait qu'ils étaient des veaux...sic), traduisent par eux-même et affirment: "Le bio c'est pas meilleur que les OGM..." Voilà, le tour est joué! De la valeur nutritive on est passé au concept de santé...Fort, non? A ce sujet, Josette Roucas, 56 ans cultivatrice et depuis peu célebre, me disait hier, pendant que Fitou son épagneul essayait vainement de copuler avec ma jambe droite: "Si on avait autant de tomates que ce qu'il y a de cons sur cette terre, la CEE serait obligée de subventionner les excedents de sauce bolognaise!" Bravo, Josette, au moins tu n'es pas célèbre pour rien! Enfin, un peu de littérature. Je viens de terminer "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra et par là-même finir ma série de lectures d'écrivains issus du monde musulman. Ce bouquin a été récompensé par le magazine "Lire" (la bible des vente et des auteurs) comme meilleur roman 2008. Je suis un peu désappointé car il manque les "bartavelles". Je m'explique, trés consensuel sur la guerre d'indépendance algèrienne (bons colons pauvres et mauvais FLN cruels se partagent de nombreuses pages) j'ai retrouvé Marcel Pagnol sous la barre de Passetemps attendant le passage des bartavelles. Un roman-narration à la première personne où l'auteur ne nous dit rien de ce qu'est son vrai ressenti. Un récit détaillé de la pauvreté et d'Oran d'avant l'autodétermination et puis rien! Je suis assez déçu...Sauf par le titre qui est magnifique. Je me suis donc replié sur ce bon Franz (Kafka...) dans une édition offerte par mes filles pour Noël, composée, outre l'inévitable "Métamorphose" de nombreux textes que l'auteur ne désirait pas voir publiés après sa mort. Pour les deux premiers, je suis d'accord avec lui . Je vous en reparlerai. Hasta la vista !

    • 27 juiillet 2009 : Paris Hilton , Josette Roucas et Khaled Hosseini

    Je voudrais parler cinq minutes du cas Paris Hilton... Dans un passé tout récent, la célébrité des gens était la conséquence de leur capacité à effectuer des actes que le commun des mortels était incapable d'accomplir. Sport, littérature, musique, diplomatie ou politique, tous avaient une (ou plusieurs) cordes à leur arc. Mais voilà que survient le concept incroyable de "célébrité pour rien" . Nouvel avatar de nos sociétés qui partent en brioche, Paris Hilton est le chef de file d'une nouvelle famille de célébrités: celles qui sont célébres parce qu'elles sont...célébres! Pas de don particulier ni de talent hors du commun! Non cette fille se contente d'être Paris Hilton et des foules d'ânes se bousculent pour la photographier et d'autres pour conter ses dernières aventures sexuelles! Incroyable....! Suite à une conversation sur ce sujet avec ma voisine, Josette Roucas, 56 ans cultivatrice, je me suis donc décidé à la lancer. Désormais Josette va rejoindre Paris dans les magazines people. Un grand avenir s'ouvre désormais à elle ainsi qu'à Fitou (son épagneul). Je vous invite donc, tous, à reconnaître désormais Josette Roucas, 56 ans cultivatrice en Provence comme une nouvelle célébrité et à le faire savoir par tous moyens. Télé, journaux, radios...Voilà pour çà! Pour le reste je viens de terminer "Les Cerf Volants de Kaboul". Après celui de Khadra et le Rahimi goncourisé c'est le troisième bouquin sur l'Afghanistan que je lis cette année. Je vous le conseille car le roman est trés bon . De plus, la vison de Kaboul et des différentes factions qui ont entraîné ce pays là où il est, m'a considérablement troublé dans mes certitudes.

    • 22 Juillet 2009  Moustaches, St Andrews et lectures...

    Je reviens d'Ecosse... Voyage motivé par un rendez-vous et une semaine de vacances avec un couple d'ami. Nous avons partagé les émotions que propose ce pays à chaque carrefour ainsi que la  maison de Dan and Muriel, "Abbothill", directement échappée d'un bouquin d'Agatha Christie. Le rendez vous à Dundee ne fut pas ce que j'espérais mais les journées passées sur la rive sud de la Tay River me réconfortèrent. Pour infos, le vol depuis Marseille avec Ryanair, la location et le frais de vie sur place font de cette destination un voyage à tout petit budget. Bon, laissons là ces considérations d'ordre financier pour quelques autres d'ordre sentimental. Je suis un type chanceux et mon ami Gène aussi. Nous avons gagné au "ballot" (tirage au sort quotidien) le droit de jouer le Old Course de St Andrews. Habituellement, il faut reserver deux ans à l'avance. Jouer ce parcours en compagnie de mon ami restera au rang des grands moments de cette existence. Pour la circonstance, je portais les chaussettes hautes et les moustaches à l'écossaise. Vous pourrez voir une photo dans la rubrique " Et encore..." Pour ce qui est de litterature et de mes lectures, deux bons choix proposés par mon amie Claudye Sellem, écrivain du Sud, elle aussi : "Le Voyage dans le Passé" de Stefan Zweig et "La Pluie avant qu'elle tombe" de Jonathan Coe. Le premier est un roman trés court que Grasset a "gonflé" du texte en allemand... Il fallait bien justifier le prix! Style parfait, sentiments tourmentés, personnages début du vingtième... Zweig, comme s'il était toujours vivant. Pas mal, mais... les 102 pages me furent largement suffisantes ! Je suppose que Claudye s'était écroulée de bonheur à leur lecture. Pour moi... bof ! Par contre, le roman de Coe est une pure merveille. Une construction incroyable, un style qui vous "hameçonne", une originalité superbe dans la mise en place des personnages ... A recommander ! Bravo Claudye, bon choix!

    • 7 Juillet 2009: Psychiatre violeur et nostalgie des vacances adolescentes

    Je viens de lire le compte-rendu d'audience du psychiatre accusé du viol de quatre de ses patientes. Quelques questions restent en suspens et ne manque pas de soulever ma curiosité. Les experts (psychiatres eux-aussi) ont déclaré, concernant les femmes victimes de ces agressions, que " si elles n'ont pas opposé de refus elle n'ont pas pour autant donné leur consentement". Vous avouerez que c'est pour le moins bizarre comme formule, même si c'est de la dialectique de psychiatre! Autre chose: elles ont déclaré (les plaignantes) que cet homme "avait pris soin d'elles et qu'elles s'étaient senties exister, écoutées, être au centre de la relation..." (je cite de mémoire...). Alors, je pose plusieurs questions: si ces femmes avaient leur consentement altéré à ce point elles ont certainement été victimes d'autres hommes qui "avaient prise sur elles" du fait de l'état de dépendance dont elles se prévalent aujourd'hui. Par exemple, en cas de fuite d'eau, le plombier avait autorité sur elle, l'électricien, le boulanger qui leur garde leur baguette, tous enclins à utiliser à des fins sexuelles, leur malheureuse faiblesse. De plus, la définition de leur ressenti peut se aussi se nommer tout simplement: tomber amoureuse ! Alors si on peut faire reproche au toubib, ce sera de ne pas avoir fait interner des filles aussi fragiles et capables de se laisser aller au sentiment amoureux sans réserve. Je sais que le praticien ne doit pas favoriser à son profit ce penchant qu'on les femmes à adorer entendre ce qu'elles souhaitent. Mais je mets mes soeurs en garde: Attention! Je connais des plombiers et des facteurs meilleurs "drageurs" que bien des psychiatres et là, pas de problème déontologique ma p'tite dame! Ni plus que de consentements donnés ou refusés sans l'exprimer. Bon maintenant, une petite recommandation de lecture "Tu Mio" d'Erri De Luca, traduit de l'italien, un vrai bijou pour les petits garçons du Sud qui devenaient adolescents entre copains, filles et pêche en mer. Je parle d'expérience ! Un carton jaune, par contre à Eric Emmanuel Schmitt pour son "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" dont la tentive de texte poétique est à la limite du conte pour enfant.

    • 28 juin 2009 : Fillon 4 , burka et Laurent Graff

    Une semaine consacrée aux corrections de "Rosemary". L'ombre de mon bureau. Deux évènements pourtant: le petit Bastareaud, le centre du Quinze de France, qui rentre à l'hôtel après avoir bu deux cornues et qui s'enlise dans un mensonge pour protéger on ne sait qui... La bande vidéo de l'hôtel en dirait plus sur ses deux complices de beuverie. Rassurant qu'il reste d'adorables petits cons dans le monde du rugby aseptisé d'aujourd'hui. Puis Fillon 4, nouveau gouvernement. Ces mutations de ministres d'un portefeuille à l'autre m'interpellent. Imaginez vous disant à votre boulanger: votre pain est excellent, je vous nomme à la boucherie... Si le taches menées ont été couronnées de succés, pourquoi se défaire, de si bête manière, de gens annoncés comme trés efficaces dans leur "spécialité"? On nous prends pour des ânes ! De Gaulle disait:...des veaux ! J'ai fini juste à temps "Les hirondelles de Kaboul" (burka et image de la femme niée par une société ) pour entendre que le débat national va s'y interresser ( à la burka ). "On n'est pas sorti le cul des ronces..." comme le dit mon voisin viticulteur et homme de sagesse. Enfin, j'ai lu " Le Cri " de Laurent Graff...Un petit diamant de 125 pages. Magnifique. Un mois que je tiens ces médiocres chroniques !

    • 19 juin 2009  Les Enfants du Marais...à Cuers

    Ce matin j'ai participé à un "moment d'éternité". Souvenez vous, c'est le mot, ( je crois d'Eric Cantona ) lors du casse-croûte devant le joli lac dans "Les Enfants du Marais". Nous étions six sous le tilleul de Christian qui vit seul dans ce magnifique mas au milieu des vignes et des figuiers. Outre le maître de maison, il y avait Fanfan, Manu, Michel, Bert et moi. Le point commun des participants c'est d'être d'une génération née entre 1953 et 1956 et d'avoir été joueurs de rugby. Nous avions pratiqué au jeune âge, notre amitié commence donc d'avoir les tempes grisonnantes. Si je cite ce mot " d'instant d'éternité" , c'est que Fanfan l'a prononcé pendant ce " petit déjeuner " et qu'il a mis ma réflexion en marche. Le vin (superbe) et les produits du terroir ( succulents ) nous ayant tenu à table de neuf heure ce matin à cet après-midi quatorze heure, j'écris ces lignes ce soir à tête ( et digestion... ) reposée. Pourquoi donc, certains instants peuvent-t-ils passer pour exceptionnels ? Pourquoi le temps ne ménage-t-il pas la même saveur à toutes choses? Je crois que c'est le fait de notre relation avec ce maître de notre vie . Elle nous aveugle et nous enpêche de goûter à l'instant qui passe. Notre vie n'est que succession de " moments d'éternité ", petites perles d'un collier magnifique. Mais certaines sont derrière le cou et on ne les voit pas, alors que d'autres sont bien exposée sur la poitrine et leur valeur vous saute aux yeux. Voilà... Nous avons mangé et bu, parlé de la position des piliers, écouté Bert qui enseigne en Chine, partagé avec Michel la recette du vin de myrthe et Manu nous a donné nom après nom la formation de notre équipe pour une demi-finale contre Perpignan en juniors... et le rugby et encore le rugby Un moment d'éternité qui fait chaud au coeur et à la tête. Fanfan a dû verser sur la sienne, un seau de l'eau du puits pour la refroidir !  C'était magnifique! Autre sujet, en ce qui concerne les bouquins, je suis dans " Les Hirondelles de Kaboul " de Yasmina Khadra ( pseudonyme, c'est un homme qui écrit...) et je suis troublé par l'ambiance du récit. Ecriture classique et parfois scintillante. A noter !

    • 9 juin 2009  "Là où les tigres sont chez eux"...

    Le résultat des élections Européennes qui viennent de se dérouler ne manque pas de me laisser pantois. Pas tant par le verdict cruel pour une gauche écartelée mais plutôt par le score de "rêve" d'Europe Ecologie. Ma sensibilité allant vers ce mouvement, je ne me plaindrai pas de ces presque 17%. Par contre, ce qui attire mon attention (et peut-être la votre) c'est que lors des élections nationales, les Verts n'ont jamais atteint cette "part d'audience". Pourtant, 85% des gens sondés mettent les soucis écologiques au premier plan de leurs préoccupations. Faut-il croire que que c'est à l'Europe qu'ils confient la mission d'y trouver remède ? Pour revenir à ces électeurs "verts" et cachés, comment expliquer que ces 85 % de sondés ne vont pas vers les urnes de leurs fameuses préoccupations. Un politologue invité d'un débat a peut-être donné un début de réponse. Ce type disait que le PS et les Verts jouent sur le même terrain. Pour le premier, une organisation et pas de contenu et pour les seconds, l'inverse. J'en déduis donc que les français doivent préferer la bouteille au vin... Bon, pour mes lectures je suis à la moitié de l'énorme roman de JM de Roblès "Là où les tigres sont chez eux" (plus de 800 pages et lourd comme une blague de Bigard) et je me régale. Roblès c'est un peu comme un Jules Verne de ce siècle. Des personnages, des aventures...un plaisir !

    • 3 juin 2009  Cellule invisible et Le Clezio...

    Bon...quelques mots sur ces jeunes un peu baba cools qui depuis le trou du cul du monde rêvent d'une autre société et cultivent l'utopie. Je parle de Coupat et de ses "complices" accusés de couper les caténaires d'alimentation des trains. Près de 8 mois en prison, supposé chef d'un groupe baptisé par madame Alliot Mari "ultra gauche" et "cellule invisible" ( ! ) parce que sa bibliothèque renfermait des écrits révolutionnaires. Je vous parie une bouteille  de Chateau Margaux 1954 (grande année) contre une place au concert de la maison de retraite de Johnny que dans deux mois c'est le non lieu assuré ! Et tout le monde trouvera celà normal ! Alors, savez vous ce qui est le plus important dans cette histoire ? C'est que le ministère de Mme Dati celui de la justice, ne soit pas resté le garde fou de notre société. En effet, qu'avions nous à craindre du susnommé Julien Coupat ? Qu'il quitte la France afin d'exporter depuis l'étranger sa sale manie supposée de couper l'énergie des trains électriques ? Quel danger ce type faisait peser sur nous et sur notre société de transport ? Pourquoi alors que les "équipes" du ministère de l'intèrieur était supposées le surveiller de longue date, ne pas le laisser dans sa campagne sous contrôle judiciaire ? Enfin maintenant il est dehors, le danger est de retour, attention aux caténaires ! Pour conclure savez-vous qu'il n'existe qu'un seul portefeuille ministèriel qui porte le nom d'une vertu ? La Justice... ! Comment donc reprocher à nos minstres de ne pas l'être? Juste ? Non, bien sûr, vertueux ! Au rang de mes retards de lecture ( je lis moins lorsque j'écris) " Ourania" de JMG Le Clézio: puissant et tendre, rebelle et consensuel... Le Clézio quoi !

    • 31 mai 2009  Comment La Provence à perdu son nom...

    Les journaux se font d'écho d'une porte ouverte que Michel VAUZELLE, Président du Conseil Général de PACA, et les énarques avertis de ses services tentent d'enfoncer. Je vous explique. Le sigle PACA ne semble pas, idée que je partage, être précisement porteur de l'image du térritoire qu'il représente. C'est pas idiot car des gens peuvent montrer des photos à l'apéro en disant: "Regardez donc, ce sont les photos de nos dernières vacances en PACA...!" et leurs amis s'enthousiasmer en disant: " C'est incroyable comme celà ressemble au Midi...!" Donc, c'est certain, PACA celà ne veut rien dire! Mais je viens de lire que le Président Vauzelle (est-ce vrai...?) parlait de lancer une consultation pour trouver un nouveau nom ! J'en ai les fesses dans les ronces ! Dites-donc un peu, comment appelle-t-on un type né à Dijon, Brest Metz ou Strasbourg ? Je ne crois ne pas me tromper en disant: Bourguignon, Breton, Lorrain et Alsacien. Et leurs régions se nomment Bourgogne, Bretagne, Lorraine et Alsace! ! Alors un autre type, né à Dignes, Manosque, Arles, Avignon, Marseille, Toulon Draguignan ou Nice comment pourrait-on le baptiser...? Une idée saugrenue me vient: Et si on disait Provencal ? Pas bête, non, Provencal ? Du coup on pourrait appeler la région administrative: Région Provence ! Voilà la porte était ouverte, il suffisait de passer la tête et de regarder ! Mais les choses les plus évidentes ne sont pas souvent retenues. En effet, il faut justifier de sa fonction, de son titre et de son bureau avec siège en cuir !

    • 28 mai 2009  Obama, Dubois et Murakami

    Depuis quelques jours, je suis d'assez mauvaise humeur lorsque je lis les nouvelles qui nous viennent d'Amérique. Je m'explique. Le formidable élan qui a porté Barack OBAMA à la Maison Blanche semble avoir reçu un premier petit coup de couteau dans l'épaule. Pas vraiment dans le dos, non, juste l'épaule mais la lame s'est bien enfoncée. Il avait été annoncé qu'en cas de victoire des Démocrates, le camp de Guantanamo serait fermé et ses prisonnier redirigés vers des juridictions de droit commun. Et voilà que Barak revient sur sa parole. Il faudra garder quelques tribunaux "musclés" pour de pauvres gens qui, pour certains même s'ils sont effectivement mélangés avec de vrais terroristes, ne savent toujours pas ce qui leur est reproché. Alors, vous voulez mon avis ? Barrack Obama, il est comme Didier Drogba ! Même lorsqu'il semble se positionner à gauche sur le terrain, il glisse naturellement à droite ! Bon, voilà pour la mauvaise humeur. Sinon j'ai lu d'un trait "Une Vie Française" de Jean Paul Dubois (je sais, je retarde...) C'est une merveille. Par contre, mon pote Haruki Murakami (je suis un fan...) m'a fait un petit dans le dos avec son "Autoportrait de l'auteur en coureur de fond". Nul à chier. Maintenant il est vrai que justifier de la complémentarité de la course à pieds et de l'écriture, c'était pas gagné!

       

         

      2 Août 2010 : Les plus pauvres et la grande Marguerite:

      Ce matin c’est vendredi, jour de marché au village. Tout le monde se croise depuis le café jusqu’à la place et les étals sont le lieu d’échanges commerciaux et verbaux passionnés. J’ai vu arriver de loin la grosse Rosette. 1m25 sous la toise, 97 kilos à la pesée sa démarche ne peut échapper à personne, alors qu’elle fend la foule à hauteur des cabas, 40 cm sous la ligne de flottaison. Encartée à l’UMP, tant que paradoxalement chômeuse de 41 ans, ce vendredi matin Rosette ne semblait pas d’une humeur radieuse. Je m’empressai de l’attraper par le bras, évitant par là-même qu’elle ne soit bousculée par la large foulée d’un gigantesque Yorkshire qui passait par là pour la conduire sous la glycine du café où je lui fis servir quelque rafraichissement. S’épongeant méthodiquement l’entre seins comme les aisselles, je la vis revenir peu à peu au calme qui doit prévaloir à tout membre du parti présidentiel, qu’il soit en relation avec le Pôle emploi comme Rosette ou avec l’héritière de l’Oréal comme Mr Woerth. Je pensais que c’était cette affaire qui troublait mon amie. En effet, elle-même à la recherche d’un emploi, elle aurait pu trouver déplacé que l’on fasse le procès du ministre pour avoir trouvé une place à son épouse. Tout le monde doit lutter contre le chômage, non ? Mais là n’était pas son souci… En effet, elle sera en fin de droit dans deux mois et son mari est un adulte handicapé. Lui-même, anarchiste avéré qui partage avec moi la passion pour le jet de pantoufle dans la télévision, n’avait pas cru un seul instant aux promesses électorales de la présidentielle concernant les pensions.

      Pour ceux heureusement ignorants de ce sujet, je rappelle que les pensions des adultes handicapés se traînent aux environs de la moitié du Smic. Il est impossible de vivre avec ce montant d’autant que le « bénéficiaire » de cette pension ne peut travailler et du fait de son handicap est soumis à des frais supérieur à celui d’un adulte « valide ». Cette injustice ne pouvait échapper à notre Guide. Dans son immense vision des nécessités premières de notre nation, l’homme de petite taille aux indomptables mouvements d’épaules et qui ne se déplace qu’en « joggant » accompagné de gardes musclés, ce timonier de notre nation, avait promis lors de son parcours glorieux vers le pouvoir de ramener en cinq ans cette pension de misère au niveau du Smic. L’année 2009 de son règne de géant, la dite allocation fut augmentée de quelques dizaines d’euros. Et cette année nada, zob, que dalle… ! J’en étais à ce stade où l’amertume peut presque confiner au rire devant l’absurdité de ce monde et de ses gouvernants lorsque apparu le Captain Dan. C’est ainsi que je surnomme le mari de Rosette, longs cheveux aux épaules et cloué sur son fauteuil mécanique comme l’officier blessé, ami de Forest Gump dans le film du même nom. Il était dans une très grande fureur. D’abord à cause de ce que nous venons d’évoquer concernant ses pauvres ressources, ensuite car il venait de dévaler une nouvelle fois la rue de l’église à 120 km/h avant de frapper le trottoir de la place qui n’est pas adapté à ce genre d’acrobatie. Il se fraya un passage au milieu des tables puis regardant lourdement Rosette, il leva la main dans le geste de celui qui veut donner un gifle et qui sait qu’il ne le fera pas. Puis il murmura entre ses dents : « Et dire que cette pauvre connasse a voté pour lui… ! ». Rosette baissa les yeux avant de redescendre au marché, midi approchait les prix baissaient et les poubelles des maraîchers pleines de mauvais légumes qui feraient son bonheur et celui de Captain Dan. Sale époque pour les pauvres.

      Allez, un peu de littérature, comme pour chaque post, en ne parlant que de ce que j'ai aimé:

      Comment ne pas dire pédé…? C’est le challenge que s’était fixé en 1929 Marguerite Yourcenar dans « Alexis ou le traité du vain combat ». Un texte étonnant ou un homme écrit 120 pages à sa femme pour lui dire ce qu'il est, quelles sont ses préferences sexuelles et pourquoi il la quitte. Un style époustouflant et difficile, où tout est dit sans le dire. De l’or dans l’encre. Marguerite the Best ! Lorsque je lis Yourcenar, je me demande pourquoi je m'acharne à écrire! Tiens, encore autre chose, cette étonnante enquête de Florence Aubenas, "Le Quai de Ouistreham", qui a laissée sa vie de journaliste durant dix huit mois pour s'intégrer dans la peau d'une femme sans formation à la recherche d'un emploi. Descente chez les plus pauvres, les employées précaires des compagnies de nettoyage, les transparents de notre société. A lire.