Jeudi 19 août 2010          

                  

Salut à tous,

Bonne nouvelle, "L'Arbre et la Pirogue" sortira en Novembre prochain.

Fin d'une longue pèriode d'écriture et de reécriture, ce sera enfin terminé. Mais le sera-ce réellement puisque rien qui ne s'écrive, n'est jamais abouti ? Réservez quelques euros pour cette période d'avant fêtes et, en cas de satisfaction, de lecture plaisante, ou de compassion pour ma médiocre personne, vous pourrez l'offrir pour Noël. (marketing....!)  Mais je me sens libéré... Je ne travaille plus sur lui, il ne me hante plus...comme d'ailleurs je ne veux plus relire une seule ligne de cet autre "Le Monde Plat de Rosemary Sheffield" qui est chez les éditeurs en attente d'une décision. Vous allez voir que tout va sortir ensemble...! Basta, c'en est terminé de ces bouquins et je peux tranquillement peaufiner "Généalogie d'un Fantôme". Je propose ici, dans les rubriques "A paraître" et  "Travail actuel" quelques extraits. Ci dessous, comme d'habitude quelque billet de ma mauvaise humeur!

Amitiés à tous !

 Sont attendues vos réactions concernant les billets : marc.archippe@orange.fr

                     Billet d'humeur du 19 août 2010                       

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère, Erwan Larher et toujours Yourcenar

Le mois d’août au soleil de plomb (minable cliché) écrase la campagne comme nos vies. Il semble que tout s’arrête et que nos capacités (souvent réduites) à comprendre le monde ralentissent comme tout peut ralentir en ce mois de « vacances ». Au passage rappelons que « vacant » est du même registre lexical ! Donc, il y a deux jours, nous étions quelques uns à discourir, sur la terrasse de Josette, sous ses magnifiques muriers centenaires. Il était tard dans la soirée et la « queue » du Mistral était passée. Il faisait frais, nous étions bien. Le sujet de cette conversation, outre les nouvelles du village qui vont des concours de boules jusqu’aux supposées infidélités de quelques jeunes voisines aux jupes courtes, prit comme centre principal l’affaire de cette femme qui va être lapidée en Iran. Elle est supposée être adultère et qui plus est, avoir organisé le meurtre de son mari. Le coupable du meurtre aurait été pardonné alors qu’elle, femme maudite et impure, mériterait de mourir sous les pierres de la foule. Je sifflotais mezza voce, la chanson de Brassens et le vers célèbre : « Ne jetez pas la pierre à la femme adultère, je suis derrière… ». En fait, initialement, nous parlions de la religion car le ramadan venait de commencer. Vous savez, la fameuse phrase de Malraux sur un siècle qui serait spirituel ou qui ne serait pas… Certains de se réjouir de cet état de fait et d’autres de le déplorer. Kadour, dont je vous ai déjà parlé et qui est un laïc pur jus préféra longtemps rester silencieux car son appartenance aux peuples du Sud de la Méditerranée, laisse toujours planer un doute sur le bien fondé de ses propos. Pourtant, après que diverses conneries fussent avancées, il se permit de souligner deux points qui laissèrent planer un silence profond, lui-même frère d’une réflexion muette autant qu’intense. La première réflexion, venue du fond de son fauteuil comme une lance sifflante : « L’Islam est une religion qui comme toutes les religions est au service du croyant et de sa foi. Malheureusement c’est l’inverse que l’on constate ! Mais c’est le propre des religions que de glisser vers une sorte de fascisme de l’institution religieuse. Pourtant la pensée et le bâton peuvent s’y retrouver. Regardez, en ce qui concerne votre Christianisme, vous avez eu St Augustin et Torquemada… » Le silence qui s’ensuivit participa essentiellement du fait que rares étaient ceux qui connaissaient Torquemada et St Augustin ! Josette profita de cette interruption pour nous servir une petite goutte de son alambic (interdit par la loi…)  et la conversation glissa à nouveau vers des sujets sans importance pour revenir enfin, à cette pauvre femme dans les geôles de Téhéran. Bert le plombier, que ses années de formation de syndicaliste et ses études dans les cellules de feu le Parti Communiste Français, années l’ayant ouvert à la géographie tant qu'à la géopolitique, se permit d’avancer : « Ils sont encore au Moyen Age, ces Perses… ! » Il insista sur « Perses » pour que la confusion ne se fasse avec les autres races bronzées, adeptes du méchoui et vivant dans les cités de nos grandes villes…et quelques uns au village, aussi. Alors, Kadour envoya son second trait : « La religion est dangereuse pour la démocratie de deux manières. La première parce qu’elle déteste la démocratie et tend naturellement à remplacer la loi par son dogme. La seconde parce qu’elle fait le lit des réactionnaires. Le peuple reçoit d’abord le coup de bâton du religieux et se relevant, il prend celui du petit homme en costume brun et à bottes cirées dans lequel il avait mis, maladroitement, ses espoirs». Et le silence revint sur notre petite assemblée, seulement troublé du ronflement de Mr D qui ne peut s’empêcher de s’endormir lorsqu’il regarde les étoiles et qu’aucune femme n’est dans son périmètre de chasse. Un grand silence… Enfin ponctuée par cette inoubliable phrase finale, s’adressant à un agrégé de philosophie : « Putain, il est pas con, cet arabe… ! »

Quelques lignes maintenant, sur mes lectures et un faire part de baptême. Bon, je ne serai pas réellement novateur puisque je me suis payé ce mois d’Août une « gaverie » de Yourcenar (indigestion impossible, le mets est bien trop fin…) depuis Hadrien en passant par ces pauvres Nathanaël ou Alexis. Mais, que voulez vous, je suis un fan ! « Tout est bon chez elle, rien n'est à jeter… » comme le disait aussi Brassens. J’ai lu, en sus, un Kundera décevant, alors je n’en parle pas. Par contre, au rang des bonnes nouvelles un de mes jeunes correspondants (je ne sais si le mot n’est pas impropre pour quelqu’un avec qui vous conversez sur le net et par mail…mais je n’en trouve pas d’autre !) va passer l’épreuve hautement difficile de la parution de son premier ouvrage

Une sorte de baptême, de circoncision, d’initiation où le sujet Erwan sera le roi d’une fête dont il ne comprendra pas complètement ce qui se passe. Mais, néanmoins, et parce que ce type écrit bien, ( j'ai suivi son travail sur internet) je vous conseille son roman ("Qu'avez vous fait de moi" chez Michalon) où vous découvrirez son héros, Léopold Fleury, un pied dans chaque monde, le réel et l’irréel. Mais n’est ce pas la posture de l’écrivain que ce chevauchement des univers ? Allez courrez le 26 aout chez votre libraire, le bouquin sera sur la table ! Hasta la vida !